30 juin 2011

Barcelona 15 M

Julien Telle est un ami dessinateur et animateur, il vit à Barcelone depuis une dizaine d'années. Il suit et participe au mouvement Democracia Real Ya ! qui a commencé le 15 mai en Espagne. Ses dessins à l'encre retracent l'occupation de la plaça Catalunya puis les assemblées dans les quartier de la ville. Ils sont visibles sur son blog.
Julien Telle - Plaça Catalunya - 24 mai 2011
http://julientelle.blogspot.com/

21 juin 2011

La machine




LA MACHINE

Ah mais la machine ! Quel enfer ! On met jamis pour jamais, sprot pour sport. On voudrait mettre pied (pied métrique) on met pet. Heureusement que cela fait éclater de rire.

Charles-Albert Cingria

L’important c’est d’avoir vaincu la machine.

Henri Chopin

Les musiciens répètent, les comédiens répètent. L'ouvrier à la chaine, le maçon, le scieur de long, le boulanger répètent. Les professeurs répètent. Moi aussi je répète. Des X, des /, des : et des = à n'en + finir. A la machine.Et c'est toujours moins pire que de Se répéter. La machine à écrire -Si vous savez écrire vous savez dessiner, disaient les publicités des années cinquante- aligne les signes, imprimant d'un léger relief le papier vergé. Loin d'obéir en silence, la machine aime à rappeler bruyamment sa présence à chaque instant, dans un brouhaha digne des pionniers de la musique industrielle. Le ruban va et vient, subissant la pression des touches avec irrégularité. Tantôt d'une humeur noire, tantôt rouge de colère ou de honte, il sait que ses jours sont comptés.

Mise à l'index, obsolète, comme la caméra super 8 ou l'appareil Polaroid, la machine a progressivement été abandonnée par les écrivains, les journalistes et les policiers. Les plus chanceuses finiront dans un musée spécialisé, les autres prendront la poussière dans un grenier ou un magasin de seconde main. Qu'importe, puisqu'elle gagne en poésie ce qu'elle perd en fonctionnalité. C'est que la machine ne tolère pas l'erreur. Pas de gomme ni de Control-Z, il faut alors ralentir le rythme, surveiller les parenthèses qui s'alignent pour former le toit d'une maison, équilibrer les nuances de gris formées par la superpositions des X et des %. Au départ un peu revêche, la machine s'adoucit petit à petit. Des formes apparaissent : maisons, hangars, entrepôts, kiosques, chapiteaux et baraques foraines. Elle se retrouve bien dans ces constructions utilitaires, industrielles et vernaculaires, toutes un peu datées. Les façades en planches goudronnées, béton brut ou ardoises en fibrociment lui rappellent sa carrosserie en métal vert-de-gris. Elle reconnaît parfois les paysages plus ou moins éloignés desquels les architectures ont été extraites, comme découpées aux ciseaux dans une page de catalogue : Marseille, Sète, Arles, les Hautes-Vosges, Metz, et même Budapest et Esztergom en Hongrie.

Ainsi, la machine voyage sans risque et sans encombre. Elle aurait pu finir recouverte de farine ou jetée par la fenêtre d'une Buick roulant à vive allure, comme sa cousine. (2)Modeste, elle sait bien qu'elle ne connaîtra pas la chance d'Olympia, personnage principal d'un livre. Elle sait bien qu'elle n'est encore qu'une (Hermès) Baby et que la gloire a ses limites. N'a-t-elle pas entendu l'histoire de ce pauvre Adler qui, à force de fréquenter un acteur célèbre, finit par répéter sans cesse la même phrase «All work and no play makes Jack a dull boy».


12 juin 2011

Arches






Quelques photos de l'exposition Moyens de pression, encore visible en semaine jusqu'au 8 juillet, 16 boulevard Paixhans à Metz. Merci à l'Iufm pour le bon accueil et à Evelise pour son aide précieuse.